Les vins Ingert-Koenig
Période : 1945 à 1949 : après guerre, 1960 à 1969 : années 60, 1970 à 1979 : années 70, 1980 à 1989 : années 80, Entre 2 guerres (1919-1939)
Document : Les vins Ingert-Koenig
En 1989, l’entreprise des Vins-Ingert était dirigée par les représentants de la 3ème génération de la famille Ingert : Fabienne et Pierre Finck.
L’entreprise a été créée par Victor Ingert (1887-1956) en 1920. Victor, tonnelier itinérant de formation, a peu exercé ce métier en réalité. Comme ses camarades de classe, il a été enrôlé dans l’armée du Kayser et à dû rejoindre le front. A son retour de la guerre, il décide de se lancer dans le commerce de vin.
Il a pu bénéficier des aides du tout nouveau gouvernement de la République Française pour construire son entrepôt et sa maison au n°40 -actuel- de l’avenue Clemenceau. Il y installe une cave d’une capacité de stockage de 1200 hectolitres.
Il développe son entreprise de marchand de vin en achetant des vins aux viticulteurs locaux, assurant la mise en bouteille et l’étiquetage avant de les revendre aux aubergistes et restaurateurs de la région. Il se lance également dans la distillerie de fruits pour compléter son activité.
Sa fille Hélène (1910-1998) viendra le seconder dès l’âge de 14 ans pour les tâches administratives. En 1934, elle épouse M. Henri Koenig (1905-1998), fils d’un marchand de chevaux de Mulhouse qui avait acquis lui-même une solide expertise dans le domaine commercial.
Ensemble, le couple reprend l’entreprise qui devient alors Ingert-Koenig, poursuivant ainsi la tradition familiale.
Après la guerre de 1939-1945, M. Koenig a l’intuition de se diversifier et de commercialiser, en plus du vin blanc et des produits distillés, du vin rouge. Au départ il achète des vin du Midi, de la région de Sète, mais très rapidement il se tourne vers le vin algérien disponible en abondance. Le vin arrive dans des wagons-citernes jusqu’à la gare de Rosheim-Ville qui se trouvait juste en face des entrepôts. Des tuyaux posés à même l’avenue Clemenceau permettaient de relier directement les citernes à la cave.
C’est à cette période qu’est né le vin « Rubis de France », un vin de table obtenu par assemblage de plusieurs vins d’Algérie. Il a rencontré un succès remarquable; la consommation française de vin était encore de 127 litres par an et par habitant, elle est tombée aujourd’hui à 40 litres.
Les établissement Ingert-Koenig assuraient l’assemblage, la mise en bouteille, l’étiquetage, la commercialisation et la livraison.
La commercialisation était assurée par un réseau de représentants maison et de VRP multi-cartes. Contrairement aux autres vins de table concurrents (St Morand Ste Richarde Kiravi etc..) les vins Ingert-Koenig étaient destinés à une clientèle de restaurateur et d’aubergistes de Strasbourg et du nord de l’Alsace. Le vin était mis en bouteille dans la mythique « bouteille 6 étoiles », bouteille consignée dont il fallait assurer le retour et le lavage pour assurer le recyclage.
Le commerce du « Rubis de France » était florissant jusqu’au premier choc pétrolier en 1973 qui a eu un fort impact sur l’économie y compris sur les aubergistes. Ces derniers étaient liés à leur brasserie par leur contrat de bière, et pour compenser la mévente de bière, les brasseries ont élargi leur contrat de bière aux vins ce qui a fortement réduit le marché traditionnel des marchands de vin. Les établissements Ingert-Koenig ont su s’adapter : les brasseries Météor et Schutzenberger sont devenu des clients et intermédiaires pour approvisionner directement leurs débits de boissons.
Dans la fin des années 1970, Pierre Finck, le mari de Fabienne, la fille de M. et Mme Koenig entre de l’entreprise. Diplômé en économie, il essaie de s’adapter au marché.
La demande de vins de qualité grandissant, on décide de mettre sur le marché des vins « d’appellation d’origine contrôlée »: Bordeaux, Beaujolais et Côtes du Rhône. Le processus de fabrication a été complètement repensé, les vins arrivaient par camions-citernes et non plus dans des wagons-citernes SNCF ce qui assurait plus de souplesse dans la livraison. En plus de la vente aux professionnels, les établissements Ingert-Koenig procuraient également des vins de qualité supérieure destinés à une clientèle privée à la recherche de vins d’exception. La clientèle allemande commençait également à s’intéresser aux vins de qualité supérieure; d’où export avec deux négociants allemands.
Dans les année 1990, le marché du vin décline considérablement, nombreux sont les marchands de vin qui disparaissent ou se font racheter. Les vins Ingert-Koenig ont l’opportunité de racheter en 1990 l’entreprise Karcher de Strasbourg spécialisée dans les vins de gamme supérieure ainsi que les établissements Ursch de Schiltigheim.
L’entreprise prendra le nom de Ingert-Karcher en 1990 et sera le dernier marchand de vin en activité Elle cesse son activité en 2002.
Pendant toutes ces années, les établissements Ingert-Koenig ont pu compter sur un personnel fidèle et très impliqué; on peut citer par exemple Charles Spieser, fidèle chef de cave et chauffeur puis durant de longues années représentant de la maison Ingert-Koenig.
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