Combustibles Charles Helmbacher

Période : 1960 à 1969 : années 60, 1970 à 1979 : années 70, 1980 à 1989 : années 80

Article rédigé sur la base de l’hommage rendu à Charles Helmbacher par son fils Michel Helmbacher.

Charles Helmbacher est un enfant de Rosheim, où il a vu le jour le 30 janvier 1924,seul garçon d’une fratrie de 4 enfants du couple Anna et Aloïse; il en est l’aîné.

À 14 ans, il quitte l’école communale pour la vie active et, comme c’était souvent le cas à l’époque, emboîte les pas de son père, scieur de bois de chauffage et paysan, pour compléter les besoins du foyer.

Malheureusement, ses années « jeunesse » coïncidèrent avec le dur affrontement entre son pays et l’Allemagne nazie. C’est ainsi qu’en 1942, il sera incorporé de force dans l’armée allemande, parcourra une grande partie de l’Europe du Nord-Est pour se retrouver sur le Front Russe où il sera blessé et hospitalisé dans une structure de campagne.
Avec quelques camarades de fortune, il tentera bien de s’en évader, mais sera finalement interné au camp de Tambov, le camp des Malgré-Nous alsaciens et mosellans, prisonniers des Russes parce qu’ils portaient un uniforme qui n’était évidemment pas celui de leur pays.
Ils restèrent de longs mois en captivité, dans les privations, le froid et le plus grand désarroi moral. Beaucoup ne survécurent pas à la maladie, à l’épuisement, à la détresse, et tous ceux qui revinrent au pays après la guerre en restèrent meurtris à jamais, atteints au plus profond de leur âme.
Charles Helmbacher sera libéré en octobre 1945.

En 1948, il se marie avec Cécile Kessler, issue, elle aussi, d’une famille nombreuse de Rosheim, avec qui il élève trois enfants (Michel, Liliane et Dominique).
Charles Helmbacher créé de toutes pièces un commerce de combustibles; malheureusement, Cécile décède prématurément à l’âge de 37 ans.
Après le décès de son épouse, il se remarie en 1962 avec Irène Hoffbeck d’Ottrott, qui l’aidera à gérer efficacement la partie administrative de son entreprise.

Professionnellement, ce sont des tonnes et des tonnes de charbon que Charles Helmbacher pelleta en sacs de 50 kg, des sacs qu’il portait ensuite à dos d’homme dans les remises, les caves, voire dans les greniers de ses clients.
Ce sont également des millions de litres de mazout qu’il distribua avec son camion-citerne, se faufilant dans les rues et les ruelles pour être au plus près des réservoirs qu’il devait remplir, le plus souvent par grand froid.
Et puis, c’est un nombre incalculable de stères de bois de chauffage qu’il chercha avec sa camionnette dans les forêts communales alentours avec, qu’il scia en bûches et qu’il fendit avant de les livrer.

À partir de 1988, il arrêta progressivement son activité afin de ne pas user son corps jusqu’à la trame et pouvoir jouir encore d’une vie plus paisible après tant d’années de labeurs ô combien épuisants pour la partie musculo-squelette de son corps.
Dès lors, il vendit son fonds de commerce à une entreprise strasbourgeoise, mais resta à son service pour les livraisons, tout en continuant à scier le bois de chauffage chez les particuliers. Sa véritable retraite, il la prendra définitivement en 1994 ; il avait alors 70 ans.

Il se lance alors dans une multitude d’activités.  C’est surtout un lecteur assidu de documentaires parlant de la Seconde Guerre mondiale, un événement qui l’a marqué dans sa chair et son esprit.

Il a été présidé l’association « Les Anciens de Tambow », amicale qui ,au début de sa création, comptait 465 membres dans l’arrondissement de Molsheim; ils n’étaient plus que 41 en 2014, le plus jeune approchant les 87 ans.

A son décès, le 15 février 2019, à l’âge de 95 ans, il était dernier des 31 Malgré-Nous rosheimois incorporés de force dans l’armée allemande en 1942 et faits prisonniers au camp russe de Tambov.

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