Agencement MAECHEL
Période : 1960 à 1969 : années 60, 1970 à 1979 : années 70, 1980 à 1989 : années 80, 1990 à 1999 : années 90
Document : Agencement Maechel
En 1989, René vient de prendre la direction de l’entreprise créée par son père Albert en 1954.
Albert Maechel (1928-2012) est apprenti menuisier en 1942. Il a alors 14 ans et est formé par M. Troestler, menuisier à Rosheim. La menuiserie Troestler était située à côté de la Maison Romane de Rosheim, menuiserie mais également entreprise de Pompes Funèbre. Elle a été reprise par le gendre de M. Troestler, Antoine Nibel et les pompes funèbres Nibel sont toujours en activité, rue du Neuland à Rosheim.
A peine formé, il est incorporé de force (« malgré-nous ») et fait prisonnier par les Américains en 1945.
A la libération, il a 17 ans et trouve du travail dans une usine de meubles (Gamo à Bischheim).
L’année suivante, il est embauché chez Obrecht de Bischoffsheim, entreprise de charpentes et fabricant d’escaliers. C’est là qu’il apprend la construction d’escaliers qui sera sa spécialité ultérieurement. Il profite de ces années de salariat pour acheter des machines d’occasion et du bois massif afin de pouvoir, un jour, s’installer à son compte.
Il se lance au 1er janvier 1954 : la menuiserie Maechel démarre et proposes des menuiseries bois (portes, fenêtres, planchers), des escaliers et … des cercueils! Cette dernière activité est arrêtée après la première mise en bière : Albert est traumatisé!
L’activité démarre à l’air libre, sous un ancien hangar en bois au n°14 de la rue des Bonnets. Un an plus tard, le hangar laisse place à un atelier occupant tout le rez-de-chaussée, le premier étage étant réservé à la famille Maechel.
L’activité est florissante, au milieu des années 50 la reconstruction d’après-guerre est au plus fort. Outre la reconstruction et la rénovation de bâtiments existants on lance de nouveaux de chantiers de construction dans de nouveaux quartiers. Environ 600 nouvelles maisons sont construites à Rosheim entre 1950 et 1973 : dans la rue des Prunelles à partir de 1952, le lotissement de la « cité Coty » 50 lots construits entre 1954 et 1959, la route de Grendelbruch à partir de 1957, puis les lotissements « Mulbach » en 1962, « La Chapelle » en 1967 et « Route de Molsheim » en 1973. Ainsi, sur les 50 maisons la « cité Coty » la menuiserie Maechel en a équipé 49 (portes/fenêtres/planchers identiques, ce qui a permis de faire de la fabrication en série).
Mais les années 1970 marquent un tournant. Après le premier « choc pétrolier » tout change. On parle d’isolation thermique, de double vitrage, de joints isophoniques et au même moment, le marché des portes et des fenêtres s’industrialise. De grosses unités de fabrication (VOB, Bieber, Geissert, …) révolutionnent les techniques et la menuiserie doit s’adapter.
Malgré des investissement dans les nouvelles techniques la fabrication de fenêtres s’éteint peu à peu suivi de celle des portes. Dans les années 80 l’escalier en béton remplace peu à peu l’escalier en bois. Globalement, toutes les fabrications de menuiseries traditionnelles disparaissent, seuls les escaliers « sur mesure » subsistent.
En 1974, René, le fils d’Albert, intègre l’entreprise après des études en ameublement industriel. Dès lors, l’activité migre petit à petit vers l’aménagement d’intérieur et le mobilier en bois. René, propose du « sur mesure » profitant d’un marché naissant : la cuisine équipée.
En 1978, l’atelier de la rue des Bonnets étant très enclavé et difficile d’accès, un nouvel atelier est construit au n°8 de la route de Boersch.
Le parc des machines ainsi que les équipements sont remplacés petit à petit afin de proposer de nouvelles formes et finitions : scies à format spécifiques, plaqueuse de chants, perceuses multiples, cabines de vernissage etc…
L’entreprise va également à la rencontre de la clientèle : elle s’expose dans les foires régionales : Foire Européenne de Strasbourg, Salon su Savoir Faire de Molsheim etc …
René obtient son brevet de maîtrise en 1983 et reprend l’entreprise en 1987. Son père Albert prend sa retraite en 1988.
A partir de ce moment, l’activité principale sera la l’agencement d’intérieur, mais la conception est toujours réalisée par des architectes d’intérieur.
En 1991, la société s’informatise et au fil de l’évolution propose ses propres concepts d’aménagements.
René se lance également dans la fabrication d’objets : jouets en bois en vente au Musée Alsacien de Strasbourg, encadrements et boîtes à livres pour la Marqueterie Spindler, décors des premiers « Grand Sapins de Noël » de Strasbourg…
En 2015, René fait valoir ses droits à la retraite après avoir formé, du CAP au Bac Pro, 9 apprentis dont son fils Benjamin.
Ce dernier, après avoir travaillé 16 ans avec son père, assure la continuité de l’entreprise en restant à l’écoute de sa clientèle pour lui proposer des aménagements intérieurs personnalisés.