Les Ateliers Schutz

Période : 1950 à 1959 : années 50, 1960 à 1969 : années 60, 1970 à 1979 : années 70, 1980 à 1989 : années 80

Le document : Les ateliers Schutz.

En 1989, les Ateliers Schutz étaient dirigés par M Pierre Schutz (1932-2005).

Ces ateliers avaient été créés par son père Charles Schutz (1899-1979) qui les a dirigé de 1932 à 1976.

Originaire de Mollkirch, Charles a fait son apprentissage chez BUGATTI à Molsheim, avant d’être incorporé dans l’armée allemande ou il sera affecté sur le front russe. A son retour il travaille chez RAFFLENBEUL à Rosheim, comme serrurier et mécanicien.

Il se met à son compte en 1932, dans la cave de sa maison, au 2 rue de Grendelbruch (aujourd’hui N°9) en fabriquant principalement des fers pour chaussures.

L’activité démarre vraiment après guerre par la sous-traitance de pièces mécaniques, mais aussi par la fabrication de barattes à beurre.

Fin des années 1950, l’Atelier Mécanique Charles SCHUTZ fournissait en fers les fabricants de chaussures du Nord de l’Alsace et de la Sarre dont les chaussures HESCHUNG à Steinbourg.

C’est là que le fils de Charles, Pierre rencontre Hélène,(la fille HESCHUNG), ils se marieront en 1959.

La sous-traitance en découpage-emboutissage devient la principale activité de l’entreprise, qui prend la forme d’une S.A. et le nom d’Atelier Mécanique Charles SCHUTZ.

Dans les années 1960 -1970, les principaux clients sont :

  • ZAEGEL-HELD à Obernai pour des pièces pour les poêles à mazout,
  • CETAL à Haguenau pour des ailettes de résistances industrielles,
  • et SOCOMEC à Benfeld pour des pièces pour les onduleurs.

L’activité est à son plus fort, une extension des bâtiments est réalisée sur le site.

L’entreprise compte jusqu’à 15 salariés une grande partie sur le site mais également des ouvriers qui faisaient du travail d’assemblage à domicile.

Le premier choc pétrolier de 1973 mettra un frein à l’expansion de l’entreprise.

Après diverses expériences professionnelles en région parisienne pendant près de 5ans, et des des études d’ingénieur en mécanique suivies en cours du soir, Pierre Schutz retourne en Alsace en 1961.

Il sera chef d’atelier dans les établissements MERGER (réducteur de vitesse) à la Meinau,

Il rejoint l’entreprise familiale en 1973, comme responsable de production et reprendra l’affaire à son compte en 1976.

Pour relancer l’activité, il prend le statut d’artisan, sous son nom propre, et sera épaulé par son épouse Hélène pour la comptabilité et la partie administrative.

L’activité principale reste la sous-traitance en découpage et emboutissage en petites et grandes séries de pièces métalliques, mais aussi dans l’étude et la réalisation d’outillages.

Elle sera complétée par la réalisation de prototypes et le montage d’ensembles finis.

L’outil de production se compose principalement de presses mécaniques de 15 à 80 tonnes, et d’une presse rapide de 60 tonnes à 120 coups par minute.

Le parc machine installé permet d’effectuer toutes les opérations : cisaillage, pliage, le poinçonnage, perçage, tronçonnage, taraudage, soudure, peinture.

Il permet non seulement la fabrication en série de pièces en sous-traitance avec l’outillage nécessaire pour les réaliser, mais aussi la fabrication d’ensemble finis.

Les deux produits emblématiques de ce savoir faire, et nouvelle orientation sont :

  • la relieuse à résistance chauffante, développée, fabriquée et assemblée pour le compte de la société CLEMENTZ à Reichstett, plus de 2.000 relieuses sortirons ainsi des ateliers en 10 ans.
  •  le découpage automatique, par série de 100.000 pièces, d’ailettes pour résistance chauffante destinées à la société CETAL de Haguenau, on peut estimer à plus de 10 millions d’ailettes livrées en 20 ans.

Hubert, le fils aîné, rejoint l’entreprise en 1988, pour développer la partie commerciale, il mettra en place l’exportation vers l’Allemagne et procédera à l’informatisation.

L’entreprise prend la forme d’une SARL, et la dénomination de Ateliers SCHUTZ

Les clients historiques sont resté fidèle, et de nouveaux partenariats sont établis avec

  • HAGER à Obernai,

  • HOERBIGER et SPIE BATIGNOLLES à Geispolsheim,

  • MERCEDES (Poids lourd) à Molsheim

  • INFRABLITZ à Sarreguemines,

  • CAL : les Câbleries d’Alsace et de Lorraine à Rosheim,

  • KLEIN à Obernai,

  • DE DIETRICH à Reichshoffen

  • Les outils MULLER à Molsheim

et bien d’autres.

Fin 1992, Pierre fait valoir ses droits à la retraite, et l’activité est reprise par la société SONOSI de Mundolsheim.

Il restera consultant technique pendant encore 6 mois.

Le 30 Juin 1993, le personnel et le parc machine sont totalement et définitivement transférés à Mundolsheim.